Dans le cadre du cycle "Art [espace] public", proposé par le Master professionnel Projets Culturels dans l'Espace Public de l’université Paris 1, en partenariat avec Stradda, magazine de la création hors les murs.
Parce que les espaces publics sont de plus en plus normalisés, privatisés, surveillés, parce que les récits formatés du storytelling saturent les imaginaires de manières et de matières souvent insignifiantes, parce que la « misère symbolique » croît, il nous semble nécessaire de suivre ces tentatives d’invention d’autres récits, d’autres images, d’autres lieux de rencontre et de partage, ici et ailleurs, qui essaient d’activer ou de réactiver la dimension publique de l’espace public, son caractère poétique et/ou politique.
Une ligne de force traverse cette 3e édition du cycle art [espace] public : la « fabrique de l’urbanité ». Trois rencontres montrent comment la ville peut s’inventer autrement (1, 6 et 7) et témoignent de l’essor de démarches conduisant les artistes à travailler hors des cadres de la production et de la diffusion culturelles traditionnelles, en association avec des architectes et des urbanistes. L’utopie est au cœur de la rencontre 5, proposée à l’occasion des trente ans d’ilotopie, une compagnie phare des arts de la rue, mais est aussi présente en filigrane dans d’autres débats, comme celui consacré à la production d’espaces publics partagés par les artistes et les acteurs culturels (3). Centré sur les nouvelles écritures du graffiti, le deuxième rendez-vous du cycle fait également écho à la question de la ville mobile et des esthétiques du déplacement (rencontre 4).
Parce que l’espace public n’est pas une notion universelle ni uniforme, en ouverture de chaque rencontre, nous passerons quelques minutes ailleurs (Marrakech, Kinshasa, Rio de Janeiro...), en images, pour rappeler la diversité des lieux publics et celle des projets artistiques qui s’y déploient, et les déplacent.
Pascal Le Brun-Cordier
Professeur associé, directeur du Master Projets Culturels dans l'Espace Public
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
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La ville mobile à l'œuvre
Accélération des échanges, intensification des flux, multiplication des non-lieux : les villes semblent aujourd’hui moins façonnées par l’architecture que par la prolifération d’une culture basée sur la vitesse et le déplacement. Sensibles à ces évolutions qui transforment la structure des villes, le statut des communautés nationales et des individus, de nombreux artistes ont fait de la mobilité le thème de leur création, tentant de nous faire éprouver les nouveaux états de la condition urbaine. Expériences théâtrales et chorégraphiques interactives, déplacements physiques ou cheminements imaginaires, jeu sur la vitesse, la simultanéité ou le ralentissement : que recouvrent ces esthétiques du déplacement ? Vers quels imaginaires géographiques ouvrent-elles ? Quelles transformations des usages entraînent-elles ?
Avec Alix de Morant, journaliste et chercheur, auteur d’une thèse intitulée "Nomadismes artistiques, des esthétiques de la fluidité" ; Corinne Pontier, directrice artistique, Ici-Même (Grenoble) ; Ali Salmi, danseur et chorégraphe (compagnie Osmosis).
Master Art et Espace public
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